(Interview) _Serges Kassy , célèbre artiste ivoirien bombarde Ouattara et l’apartheid à l’ivoirienne

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Serges Kassy, artiste ivoirien en exil depuis la chute de Laurent Gbagbo a bien voulu accorder un entretien au site panafricaniste afriquemediacotedivoire.net. ‘’J’ ai bouclé mon dernier single ‘’ALLO DUEKOUE’’ qui sortira bientôt, qui rend hommage à près de 1000 jeunes exécutés dans la nuit du 26 mars 2011’’.

afriquemediacotedivoire.net : Vous êtes en exil depuis la chute du président Laurent Gbagbo. Comment vivez-vous cette absence prolongée hors des terres de vos ancêtres ?
Serges Kassy : Ecoutez, la constitution de mon pays qui est la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire, interdit qu’un Ivoirien soit en exil. Malheureusement, depuis 8 ans je suis contraint de rester loin de mon pays. Comme moi, des milliers d’Ivoiriens sont en exil au Togo, au Ghana, au Benin, au Liberia, et partout dans les quatre (4) coins du monde. Je crois que c’est la volonté politique de ce régime ethno-tribal de nous maintenir or de notre pays, car il règne dans la division des Ivoiriens. Et tout est mis en place au plan intérieur pour que cette division perdure. Ce régime existe dans notre division, sinon on est mieux chez soit. Mais quand on sait qu’on va en Côte d’Ivoire dans un environnement qui nous est hostile et encouragé par ce régime qui a pour programme de gouvernement la prison ou la mort des pro Gbagbo, beeeh, l exil devient une obligation pour nous. On y est donc.

afriquemediacotedivoire.net : Comment vivez-vous votre carrière musicale hors des frontières ivoiriennes ?
Serges Kassy : Beeeh, justement cet exil m’a permis ici en Europe de me frotter aux autres artistes de cultures différentes qui me permettent de continuer ma carrière musicale. J ai sorti dans cette période d’exil, trois (3) singles. Un premier en 2012 avec ‘’C’EST VOUS’’, un deuxième avec ‘’TOUS ENSEMBLE POSITIF’’ un single en duo avec l’artiste français Tiwony en 2014, et le troisième ‘’DEVOIR DE VERITE’’ sorti en 2016. Cette même année j ai sorti le nouvel album loin des miens. Je fais des concerts et des festivals, et depuis mi-juillet 2018 j ai bouclé mon dernier single ‘’ALLO DUEKOUE’’ qui sortira bientôt, qui rend hommage à près de 1000 jeunes exécutés dans la nuit du 26 mars 2011 par les forces de Dramane Ouattara. Je prépare le clip et la sortie. Mon activité musicale se porte à merveille par la grâce de DIEU.

Avez-vous rencontré le président Laurent Gbagbo, dans votre exil ?
J’ai rencontré à la Haye trois fois le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé. Je peux vous assurer, que je n’ai pas vu des prisonniers mais des hommes forts dans la tète, assumant pleinement leur présence en ces lieux, sachant qu’ils sont dans une injustice des Occidentaux. Ils sont sûrs qu’ils sortiront de cette prison coloniale pour rejoindre leur peuple. Je crois que l’histoire est en train de leur donner raison. La preuve, après le défilé de 82 témoins sur lesquels le procureur comptait pour avoir son habillage juridique et les faire condamner, c’est le contraire qui s’est produit. Les temoins sont venus les innocentés. On attend maintenant la date de leur sortie de prison. Car en réalité, ils étaient les otages de la France et ses alliés. A ce jour, ils ont le moral très haut.
Selon vous, pourquoi la réconciliation tarde-t-elle à venir ?
Les tenants du pouvoir ne veulent rien faire pour réconcilier le pays. La réconciliation tant voulue par le peuple n’a été qu’un leurre, et le pays est toujours divisé. Les Pro Gbagbo meurent dans les prisons et en exil. C’est cela le programme de gouvernement de Dramane Ouattara. Le pouvoir règne sans partage dans une dictature sans précédent. Les medias confisqués, la presse muselée, les partis de l’opposition brimés et emprisonnement des leaders d’opinions. Au plan économique, ce régime en moins de sept (7) ans a endetté la Côte d’Ivoire dans un record sans précédent. Les sociétés et entreprises ivoiriennes délaissées au profit d’oligarchies étrangères, ferment boutique. Le taux de chômage a atteint un record jamais égalée. La gabegie et la corruption au sommet de l’Etat, est une règle, un mode de gouvernance. Pendant que les sociétés étrangères amassent les devises du pays pour leur pays d’origine, les Ivoiriens croupissent dans une misère incroyable. Au plan social, le niveau zéro est atteint si bien que l’Ivoirien préfère rester chez lui plutôt que d’aller dans ces hôpitaux mouroirs qui pullulent le pays. Tout y est payant sans action sociale. Les Ivoiriens vivent la misère à un taux inimaginable. Ce régime ethno-tribal a instauré dans le pays, ce qu’il appelle le rattrapage ethnique. Qui n’est rien d’autre qu’un système d apartheid a l’ivoirienne. Seuls les gens du Nord du pays comptent. Dans un pays de 63 groupes ethniques, une seule est mise en exergue, dans les répartitions des biens du pays. Les 62 autres sont exclues. La situation dans mon pays est dramatique et inquiétante.
Etes-vous surpris des discordes entre le PDCI et le RDR ?
Je ne suis pas surpris de se désamour, entre ces deux partis, car la France les as unis avec pour objectif commun de faire partir Laurent Gbagbo. Maintenant que l’objectif est atteint, il était normal que les deux partis se séparent. Laurent Gbagbo disait en son temps comment une femme violée pouvait-elle accepter d’épouser son violeur? Ce qui devait arriver est donc arrivé. Il fallait s’y attendre.

Quel regard portez-vous sur 2020 ?
2020 est une étape cruciale pour l’avenir de la Côte d’Ivoire. Alassane Dramane Ouattara veut se représenter alors qu’il ne peut plus le faire. Il a promis de passer le relais au PDCI en 2020. Voilà qu’il renie sa promesse. Le PDCI veut avoir son candidat vaille que vaille. Les partis de l’opposition avec à leur tête le FPI réclament une reforme de la CEI. Condition d’une élection juste et transparente. Malheureusement, le régime refuse. Le PDCI vient de rejoindre l’opposition demandant à son tour la dissolution de la Cie. 2020 s’annonce tumultueuse et dangereuse par la faute de ce régime qui veut s’éterniser au pouvoir avec sa machine à truquer Youssouf Bakayoko patron de la CEI. Bakoyoko est forclos depuis 2016 par la constitution mais maintenu par Dramane Ouattara.
Quelle est votre position quant à la montée du panafricanisme ?
Je suis entièrement en phase avec ces panafricanistes qui pensent que le FCFA est une monnaie coloniale, une monnaie de servitude qui nous maintient encore dans le sous-développement et qui fait de la France une puissance mondiale. Elle retient au trésor français 65% de nos devises, et nous fait chanter comme bon lui semble. Nos chefs d’Etat sont sous sa houlette. La CPI est un tribunal créé pour régler le compte des présidents africains nationalistes qui sont pour les indépendances vraies de l’Afrique. Laurent Gbagbo voulait une indépendance vraie de l’Afrique. Il a été renversé par la France et déporté à la CPI. L’Union africaine n’est-elle pas en train de demander son retrait? Que font Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo à la Haye ? Celui qui aura trouvé la réponse à ces questions aura compris comme moi, le combat des panafricanistes.

A vous entendre, vous confirmez que Laurent Gbagbo est victime d’un complot…
Je n’ai plus rien à dire en ce qui concerne la présence du président Gbagbo à la CPI. Puisque l’histoire est en train de nous donner raison quand nous disions au monde entier dans nos chansons, nos manifestations pacifiques, et partout dans le monde que Gbagbo est victime d’un complot international et qu’il est l’otage de la France comme il le dit si bien lui même. Voila qu’après deux ans de procès et le défilé de 82 témoins, les juges sont obligés d’arrêter le procès pour négocier une sortie honorable pour la Cour politique internationale pardon la Cour pénale internationale. La vérité finit toujours par triompher sur le mensonge. Et très bientôt il rejoindra son peuple. Merci au site panafricaniste afriquemediacotedivoire.net qui a bien voulu discuter avec nous. Dieu garde les Ivoiriens.








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