Prise en otage de la démocratie, après la guerre ivoirienne et refus de création d’une nouvelle CEI. L’Opposition (EDS) réagit

Afrique media Côte d'Ivoire

L’opposition ivoirienne (EDS) prend à témoin l’opinion nationale et internationale. Elle comprend difficilement que le gouvernement rejette avec autant de suffisance et de dédain l'appel de l'opposition, de la société civile et de la Cour africaine des peuples et des droits de l’homme à la mise en place d'un organe électoral et consensuel.
Une réforme qui tombe sous le coup du bon sens et dont la mise en œuvre garantirait à la Côte d’Ivoire des élections justes, transparentes et crédibles, gage d’une alternance démocratique et pacifique.
Pour rappel, du fait du déséquilibre notoire et de l’inféodation inacceptable de l’actuelle CEI (une commission indépendante électorale mise en place avant la guerre ivoirienne), l’Etat de Côte d’Ivoire a été condamné par la Cour Africaine des Droits de
l’Homme et des Peuples ,qui à travers un arrêt, a ordonné aux autorités ivoiriennes de « modifier dans un délai de 12 mois à compter du 18 novembre 2016, la loi n°2014-335 du 18 juin 2014 relative à la Commission Electorale Indépendante pour la rendre conforme aux engagements internationaux du pays ». Le régime d’Abidjan ne s’est pas exécuté. Et le délai est écoulé depuis le 17 novembre 2017.
Pour réclamer un Etat de droit, l’opposition a été contrainte d’user de manifestations publiques démocratiques et pacifiques dont le meeting du samedi 17 mars 2018 à la Place CP1 de Yopougon et la mémorable marche de protestation, du jeudi 22 mars 2018 violemment réprimée dans le sang suivie de plusieurs arrestations et emprisonnements. En plus, l’Etat vient de surprendre.
En effet, dans un contexte où tous les partis politiques de l’opposition, toutes les personnes de bonne volonté et la quasi totalité des organisations de la société civile sont unanimes pour réclamer la réforme de cette commission, que les gouvernants actuels décident unilatéralement de la maintenir en l’état et, comble de mépris, avec à sa tête le très contesté et controversé Monsieur Youssouf BAKAYOKO , en lui confiant à nouveau les opérations électorales à venir.
EDS, a pris à témoin la communauté internationale, notamment l'Union Africaine, dont la haute juridiction chargée des droits de l'homme a rendu un arrêt sans équivoque qui n’ pas été respecté. Appelle à nouveau les tenants actuels du pouvoir à se ressaisir et à sortir de la logique de la prise en otage de la démocratie et du passage en force pour s'inscrire avec courage et responsabilité dans un vrai dialogue politique, dans l’intérêt supérieur de la Côte d'ivoire.




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