Interview/ Sam l’Africain, le témoin de Fatou Bensouda persite et signe : ‘’ Gbagbo est un otage des impérialistes. Il voulait la libération de l’Afrique. Il faut le libérer’’

Afrique media Côte d'Ivoire

Sam l’Africain a surpris toute la Cour pénale internationale et les partisans de Ouattara. Initialement contacté pour être un témoin à charge dans le cadre du procès de Laurent Gbagbo, a tout simplement battu en brèche le grief clé formulé par le bureau de la procureure à l’encontre de l’ancien président ivoirien. Le parquet croit fermement « que pour se maintenir à tout prix au pouvoir, Laurent Gbagbo a planifié et ordonné une série d’attaques meurtrières, menées par une organisation composée de forces de sécurité, milices, mercenaires et mouvements de jeunes ». Devant l’Eternel Sam l’Africain a blanchi le président Gbagbo. Et depuis lors il y a bouleversement à la CPI. Dans une interview qu’il a bien voulu accorder au site panafricaniste afriquemediacotedivoire.net, le témoin de Fatou Bensouda récidive. ‘’ Gbagbo est victime du système impérialiste. C’est un otage politique qu’il faut libérer’’. Morceaux choisis.

Bonjour Président Sam l’Africain, comment va votre formation politique ?
Mon parti se porte très bien. La preuve, nous sommes quotidiennement sur le terrain pour entretenir la flamme au sein de nos militants qui nous font confiance.

Faire une prison, en Afrique n’est pas du tout facile…
Franchement, monsieur le journaliste, il ne fait pas bon vivre dans les prisons africaines. On côtoie quotidiennement la mort dans ces univers carcéraux. J’ai vécu un calvaire, un véritable enfer. Pendant dix mois, vous êtes dans les tenailles de la maladie et du stress.

Votre emprisonnement a-t-il un rapport avec votre passage à la CPI ?
Plusieurs Ivoiriens ont établi un lien entre mon témoignage à la CPI et la prison que j’ai faite en Abidjan. Mais les autorités politiques et judiciaires ont retenu que j’ai tenu des propos xénophobes. Et pour cela, il fallait faire la prison. Ce sont des agissements qui sont légion en Afrique où les tenants du pouvoir intimident les démocrates. En Afrique, un leader ne s’est jamais prononcé sur les dérives d’un Chef d’Etat. Quand vous le faites, votre place est en prison. C’est tout le sens du retard que nous accusons en démocratie. Pour moi, la prison n’est pas le cimetière de la démocratie. Le combat continue pour la libération de Laurent Gbagbo.

Avez-vous rencontré le président Gbagbo à la CPI ?
Chaque jour, je le voyais. Un démocrate ne peut pas se passer de rencontrer Laurent Gbagbo, père de la démocratie en Côte d’Ivoire. Et c’est injuste de mettre en prison un tel homme qui a fait de la démocratie une culture. Depuis la CPI, quant j’étais à la barre, j’ai dit que Laurent Gbagbo était victime d’un système occidental. C’est ce que le monde entier doit retenir. MEDIAPART n’a pas dit le contraire de ce que nous avons soulevé à la CPI. Ce site a mis à nu les failles de cette justice internationale. C’est un complot qui a été ourdi contre le président Laurent Gbagbo qui veut une Côte d’Ivoire et une Afrique dignes et indépendantes. Aujourd’hui, cette même justice demande que les avocats du président Gbagbo et Blé Goudé introduisent une demande d’acquittement de ces deux prisonniers. Cela prouve clairement que Laurent Gbagbo est un otage politique du système occidental. Ils savent que les preuves ne sont pas suffisantes pour le maintenir en prison. La CPI doit libérer Gbagbo si elle veut être vue comme une institution crédible. Mais je le dis haut et fort sur ce grand site panafricaniste afriquemediacotedivoire.net, que la CPI a uniquement été créée pour les présidents et intellectuels africains qui refusent d’être au service des impérialistes. C’est indéniablement un instrument d’oppression qui permet de piller avec aisance les richesses africaines.
Un troisième mandat pour Ouattara ?
Je pense que le Chef de l’Etat est en train de sonder le terrain. Il veut au fait voir si les Ivoiriens sont favorables ou non à sa candidature. J’attends qu’il déclare officiellement sa candidature pour donner l’avis de ma formation politique. Au départ, comme nous avons vu ces choses venir, nous avons appelé au Boycott de la mise en place de cette constitution qui s’ouvrait à une troisième république. Malheureusement, une minorité pilotée par le RHDP l’a mise place. Une alliance ne signifie pas qu’il faut faire en torse aux intérêts du pays. On ne met pas en place une constitution pour soi. L’alliance qui l’a mise en place doit assumer. Cette alliance a vendu l’âme de la Côte d’Ivoire. Si la nouvelle constitution lui permet d’avoir un premier et ensuite un second mandat qu’on le laisse poser sa candidature. La faute appartient aux alliés d’hier de Ouattara qui ont soutenu la constitution.
Quel est votre avis sur le boycott de l’opération décidé par l’EDS ?
Il faut une refonte de la CEI. Youssouf Bakayoko doit pas partir et ce n’est pas négociable. Mais à quoi sert un enrôlement quand vous êtes convaincus que votre candidat a gagné l’ élection présidentielle et on fait de lui un otage à la CPI. Je voudrais de passage saluer le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro qui se bat pour la réconciliation des filles et fils de ce pays. Il a donné les raisons qui l’ont poussé à devenir le chef de la rébellion. Ensuite, il est le seul qui demande pardon alors que ceux pour lesquels cette rébellion a vu le jour, ne font aucun effort pour parler de réconciliation.
Vos rapports avec Affi Nguessan…
Après ma prison, j’ai décidé de rester seul. Affi et Sangaré, je n’ai rien contre personne. La lutte doit concerner la libération du président Laurent Gbagbo.




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